Un prosélytisme effréné

dimanche 10 février 2008

Chari arrange les mariages

(Dernière actualisation le 17 novembre 2008)


Parthasarathi Rajagopalachari arrange les mariages


"(…) vous venez de voir que neuf mariages viennent d'être célébrés et la plupart d'entre eux sont entre des gens venant d'états différents, de communautés différentes (…) jusqu'à présent, j'ai procédé à près de 2000 mariages (…)." Discours de Chari le 23 juillet 2008 à Lucknow, en réponse à l'allocution du porte-parole des Nations unies.

Sur le blog de Misha, on peut lire "Master conducted 11 marriages on the same day as empowered by the Indian Government to conduct marriages and give marriage certificates. It’s an awesome moment believed to be witnessed. Marriages in our mission are very simple and very spiritualistic. An Indian Guy from Mumbai getting married to an Iranian girl, south Indian guy from Chennai with a north Indian girl from Kanpur so on and so forth. A real sense of unification of mind, body and soul, where no caste, no creed, no religious rituals intervene.
In mission Master asks the guy and the girl to garland each other, then exchange rings, make each other taste a piece of sweat and at last Master ask the guy to hold girl’s hand and give the girls hand in his hand. He then congratulates the bride and groom. Simple marriages with no complexities. It was a great feeling watching all the couples getting married on the stage. 11 marriages in less then 30 minutes. Truly amazing and great. The couples are decided by master and with faith and obedience they respect Master’s decision. Some of them select each other and requests Master to get them married."


Les couples sont donc bien formés par Chari qui s'amuse à mixer les origines ethniques et sociales, près de 4000 abhyasis ayant déjà accepté ses décisions par foi et obéissance.

Le 14 septembre 2005,Le journaliste Seema Sharma nous en donne confirmation dans le Fiji Times : John Joseph Smith a rencontré Chari en mai 1987. Il est devenu le premier abhyasi puis presque aussitôt précepteur australien. "In November, 1994, during his first visit to Australia, Mr Smith's master asked if he was interested in marriage, and told him about a girl who had accompanied the master on the trip." (sic) Laissons maintenant la parole à John : "He introduced us and said we should discuss it and if we felt it appropriate he would arrange our marriage date. After going on a walk together we both came back in agreement and after a group meditation that evening Master announced our engagement." (re-sic). Sa femme Danielle est devenue elle aussi précepteur au cours de leur passage à Chennai pour leur mariage en 1995.

Max, routard américain de passage à Manapakkam pour 13 jours, nous renseigne sur la manière dont Chari marie ses adeptes : "Quite Impressive today to watch the president of the Mission marry 6 couples in 15 mins. ... talk about getting the job done. Chariji is the man." le 30 novembre 2005, sur son blog.

Sur le blog d'Elodie, "Les mariés du Sahaj Marg", une abhyasi anonyme a dit le 11 août 2008 :
Bonjour,
J’ai longuement réfléchis avant de vous écrire. Déjà je ne suis pas toujours d’accord avec vos commentaires et manière de traiter Chari, la mission et les abhyasis. Mais il est aussi vrai que vous touchez des points et des faiblesses difficiles de cacher.
Même si cette démarche ne compte surtout pas avec l'autorisation de la mission, aujourd'hui je ne me sens plus concernée par ces directives. Démarche égoïste, exagérée, je m’attends certainement à ce type de commentaires de la part des abhyasis de la mission, c’est aussi pourquoi je préfère rester anonyme.

Un psy dirait que vous écrire c’est une façon de me soulager de mes frustrations, ce qui n’est pas faux. Mais je pense aujourd’hui que j’ai aussi le droit d'en informer celles qui se trouveraient dans ma même situation. Chariji m’a marié et il continue à marier d’autres (très) jeunes abhyasis européens (parfois avec des indiens rapidement...). J’ai lu le dernier message de « cri cri » dont il soulevait le mécontentement/insatisfaction des couples unis par Chariji. Ce serait intéressant s’il pouvait en dire davantage, non ?

Je viens de couper avec une étape de ma vie, une longue et sombre période d’adaptation et d’attachement à une mission qu’aujourd’hui me paraît de moins en moins spirituel. J’ai été attachée pendant si longtemps à une routine, à une façon de voir les choses, à un milieu qui es devenu finalement fermé …et qui était devenu mon monde, ma vie…. Très jeune et romantique, j’ai décidé naïvement de faire ma vie avec un homme plus mûr et abhyasi. J’avais de l’admiration par sa pratique spirituelle et j’ai trouvé ce mode de vie une chance qui s’ouvrait devant moi. Par contre ce que je n’ai pas vu ni compris c’était l’insoupçonnée importance que notre Maître allait prendre dans sa vie et dans nos vies. Pour mon ex-mari, c’était Chariji la raison de sa vie et le développement de la mission sa raison pour lui montrer son amour. Au lieu de voir une relation riche et solide s’installer, c’est plutôt la souffrance et les frustrations qui se sont accumulés, pour exploser des années plus tard avec le constat amer du temps perdu. Malgré le temps que j’ai laissé filer entre mes doigts je me sens aujourd’hui libérée et fière d’avoir pu ouvrir mes yeux à temps. Ma vie recommence et mon avenir n’est pas assuré, en plus je ne suis plus une jeune fille. Je ne pouvais plus continuer à vivre une vie conditionnée par la mission et qui m’empêchait le développement de notre couple. J’ai aimé mon mari, mais comment lui pardonner de m’avoir négligé au nom de sa spiritualité, de sa mission ? A un moment donné on m’a conseillé d’écrire à Chariji, mais il ne m’a jamais répondu. Mon mari l’a plus tard rencontré pour lui faire part de nos problèmes et plus tard il nous a reçu mais son regard et approche de la situation a fini par m’éloigner définitivement. …

Besoin de tendresse, d’attention, d’affection, de mener normale….
Je me réveille aujourd’hui d’un long sommeil qui laissera certainement des traces dans ma vie de femme. Les relations intimes pour mon mari étaient réservées à la reproduction, mon sentiment de culpabilité m’a toujours poursuivi et finalement celle qui regrette et subi c’est moi. Inutile de dire que ma décision de quitter mon mari a été mal perçue par le cercle d’abhyasis, j'aurai tant voulu ne pas être jugée surtout par ces personnes qui observaient ma souffrance. J'ai été même par eux conseillée de faire un pas en arrière et rester auprès de mon mari et d’accentuer ma pratique pour que ma foi en Chariji ne faiblisse jamais. Mais comment demander à une femme frustrée et déprimée de se concentrer sur les prières si c'était justement cette pratique qui avait fait que mon mari m'abandonne? Je ne pouvais juste plus continuer en tant que femme frustrée en quête d’une spiritualité qu’aujourd’hui s’essouffle de déception et frustration. Je voudrais que ces jeunes abhyasis qui sans aucune préparation s’unissent maritalement, et beaucoup trop rapidement, réfléchissent bien avant de s’engager comme si leurs vies étaient déjà conditionnées par un choix définitif.

Elodie a ajouté : " Je voudrais aussi vous faire part de la manière dont vient de se passer le mariage de la fille d'une amie, tel qu'elle me l'a raconté : Chariji a demandé à la fille si elle voulait se marier à un Indien, parce qu'ils sont mieux que les Européens et il lui a dit qu'elle allait devoir habiter en Inde. Elle a répondu que Chariji savait mieux qu'elle ce qu'il lui fallait. Le soir même, le maître lui a présenté un Indien qu'elle a épousé quelques jours plus tard. Elle a dit à sa mère que Chariji avait décidé ce qui était bon pour elle sans qu'elle ne lui demande rien."

Chari marie ses abhyasis à son gré, c'est lui qui provoque les rencontres, si possible en mélangeant les nationalités et sans tenir compte des origines sociales. Il peut toujours demander leur avis aux gens, ils ont trop peur de lui déplaire en le contredisant et sont même souvent ravis qu'il se soient enfin occupé d'eux. Le Maître, dans son infinie bonté, leur a désigné un partenaire. Que demander de plus ?

Le drame, c'est que les ennuis ne font que commencer. Quel que soit le sort de l'union, la remettre en cause, c'est remettre en cause le choix de Chari. C'est une chose totalement impossible pour un abhyasi, il doit donc vivre avec. Si les choses devaient dégénérer, mettre un terme au mariage passerait obligatoirement aussi par le fait de douter des actes du Maître, remettre en cause son infaillibilité et donc par son reniement. Ce n'est pas seulement leur vie maritale qui s'effondre, c'est l'ensemble de leurs croyances.

Les abhyasis mariés par Chari sont pris dans un piège psychologique redoutable…


Chari, le 12 octobre 2008 : "(...) So, seeing this happening in our own satsangh—increasingly marriages are getting troublesome. People get married here by the grace of my Guru, my Master, and they run into trouble. Some of them, fortunately only a few, the marriage is finished on the day of the marriage itself. So far we have had three cases. But it is a tragedy for me because, as Babuji said, even one drop of poison in a big vessel of milk means a big vessel full of poison. Here we don’t judge spiritual progress by success, we judge it by failure. And in that sense our marriages have failed too often for my comfort. Though my boys tell me, “Only three, saab [sir].” Should not have been even one.
So you see, when our people don’t appreciate the sanctity of a spiritual marriage, don’t understand why they are marrying in a spiritual assembly under a spiritual atmosphere, with a spiritual purpose, somewhere the teaching has been lost (...)"
Extrait de Awaken Now, le 12/10/2008 (Hyderabad, India)